LUCKY BAG LPV PROTECT × FIRST PLUS : LPV, MONSIEUR PLUS ?
Et si la First Plus n'était pas simplement le matériel que LPV glisse régulièrement dans ses Lucky Bags ?
Avec l'édition Protect, une autre hypothèse s'est imposée : celle d'un petit cheval de Troie qui finit par faire entrer bien davantage qu'une cigarette électronique chez l'acheteur.
ENCORE UNE
J'ai quatre First Plus chez moi.
Je n'en ai jamais utilisé aucune.
Le Petit Vapoteur vient de m'en envoyer une cinquième, dans un Lucky Bag vendu 39,90 €.
La première réaction serait assez simple : one more.
La seconde l'est un peu moins : et si le problème n'était pas que LPV m'envoie une cigarette de trop, mais que je continue, moi, à les entasser en mode Tétris sur l'étagère ?
UN DISTRIBUTEUR QUI S'IGNORE
Parce qu'on ne parle a priori pas d'un gadget sans emploi.
LPV présente la First Plus comme un appareil destiné, selon ses propres termes, à « aider le vapoteur dans son sevrage tabagique » (donc un futur ex-fumeur, si on suit la logique) : batterie simple, cartouche magnétique, aucun bouton, vendue autour de 24,90 €.
Sur le papier, il s'agit d'un bon outil de primo-accession.
Sauf que moi, je ne suis pas un primo-vapoteur.
Et je n'ai plus fumé de cigarette depuis 3 333 jours au moment où j'écris ces lignes.
Alors j'accumule les First Plus sur mon étagère.
En mode Tétris.
Au cinquième exemplaire reçu, le scénario devient presque comique, et une hypothèse me vient à l'esprit : et si l'acheteur récurrent du Lucky Bag finissait par devenir, sans contrat, sans commission et sans même l'avoir décidé consciemment, un drôle de dealer de First Plus auprès de son entourage ?
Un fumeur qui traîne dans mon cercle, une First Plus qui traîne dans mon tiroir, et hop ! La rencontre finit presque par s'organiser d'elle-même.
Est-ce calculé ? Je n'en sais rien. Et je me méfie de toute affirmation qui prétendrait le savoir. Rien ne permet d'attribuer à LPV l'intention de transformer ses clients fidèles en réseau de diffusion informel.
Mais la mécanique, elle, peut parfaitement produire cet effet, qu'elle ait été pensée ou non. Et c'est une question suffisamment tordue pour qu'on la pose, même sans réponse.
PROTECT, AUTREMENT
Je connais bien Protect. Dans Les Nuages a déjà salué leur travail, la marque n'est donc pas une inconnue pour moi ni pour ce blog.
De ce point de vue, ce Lucky Bag ne m'a rien fait découvrir.
Il m'a obligé à considérer sa participation autrement.
Protect construit une partie importante de son discours sur ce qu'un achat permet au-delà du produit lui-même : ruches financées en Occitanie, sachet de graines mellifères offert avec chaque flacon de 50 ml, graines conditionnées par des personnes en situation de handicap de L'Arche en Pays Toulousain, certification Origine France Garantie.
Cinquante-quatre ruches, 45 000 m² de fleurs mellifères plantées, plus de 40 000 sachets de graines distribués depuis 2021.
Une marque qui raconte la valeur comme un effet produit sur le monde.
Le Lucky Bag raconte la valeur autrement. Il ne dit pas ce que votre achat produit. Il dit ce qu'il réussit à faire entrer dans 39,90 €.
Et les deux se retrouvent, sans prévenir, dans le même tote bag.
L'un propose un socle de valeurs.
L'autre, une valeur de socle.

OUVRIR LE SAC
Le tote bag habituel, toile beige, idéogramme 福袋. Je l'ouvre.
Trois flacons de 50 ml, gamme Les Pollinisateurs : La Guêpe, cerise et citron vert. La Chauve-Souris, cassis et raisin. Le Papillon, duo de mangues. Chacun à 19,90 € sur le site de la marque.
Un porte-clés abeille. Un sachet kraft floqué du même insecte, contenant un petit savon hexagonal violet de 25 grammes, simplement estampillé « Pur Végétal ».
En dessous, une boîte First Plus, deux cartouches de rechange, un pack de cinq résistances, et un bout de plastique noir monté sur une pastille adhésive 3M dont je me demande un instant où je suis censé l'accrocher.
LPV a certainement anticipé la question : sur un bureau, en voiture.
Très bien. Non seulement j'ai une nouvelle First Plus, mais je sais maintenant où la ranger.
Et ce n'est même pas tout à fait une surprise. Avant que le colis arrive chez moi, LPV m'avait déjà présenté la First Plus.
Sur la page de suivi de ma livraison, une vidéo promotionnelle de 25 secondes consacrée au produit s'était glissée dans le parcours.
La petite séquence a presque des airs de tuto : regarde, ne panique pas, c'est simple. Quelques pièces, quelques gestes, du plug and play.
Exactement ce qu'il faut pour rassurer quelqu'un qui n'a jamais vapé.
Et LPV en profite pour enfoncer un deuxième clou : fond noir, beaux éclairages, mouvements propres, la First Plus prend soudain des airs de petit objet premium. À mes yeux, elle ne l'est pas.
C'est une cigarette électronique très basique à 24,90 €, mais pendant vingt-cinq secondes, on lui fabrique une désirabilité qu'elle n'a franchement pas toute seule.
Je n'avais pas encore ouvert le Lucky Bag que la First Plus était déjà là, sur mon écran.
La boîte elle-même est plus bavarde que le site.
Dessus, en toutes lettres : « Fabriqué en Chine », « Importé et distribué par Le Petit Vapoteur ».
Sur ses pages produit, LPV présente pourtant la First Plus comme « fabriquée par Le Petit Vapoteur ».
Il suffit de retourner le carton pour que la géographie devienne soudain beaucoup plus précise.
Le compte, lui, est vite fait.
Le sac promet une valeur cumulée « supérieure ou égale à 108 € », jusqu'à 133 € pour quarante-quatre acheteurs chanceux, pour 39,90 € payés.
600 exemplaires mis en vente, pas un de plus.
Du savon au support de voiture, la question reste la même : est-ce que j'aurais été content de trouver ces objets-là si aucun logo n'était imprimé dessus ?
MIEUX VAUT RATER SA CHANCE
La fiche produit de ce Lucky Bag porte une accroche que je n'avais pas vraiment remarquée jusqu'ici.
Mieux vaut rater sa chance que de ne pas l'avoir tentée.
Ce n'est pas qu'une jolie formule. Elle dit quelque chose de la manière dont ce Lucky Bag est mis en scène, pas seulement comme une transaction, mais comme une chance à tenter, un événement auquel il faudrait avoir participé pour ne pas avoir le sentiment d'être passé à côté.
Sous le post Instagram de Dans Les Nuages, consacré au précédent Lucky Bag, un lecteur, dying_vape, avait spontanément laissé ce commentaire à propos du matériel : « C'est malheureusement le souci je trouve. Souvent c'est le même matériel qui revient et c'est dommage. »
Quelques jours plus tard, dans ce même échange, il est revenu sur Protect précisément. « Quand je vois le contenu des Lucky Bags, je sais pourquoi je n'en prends pas et me dis que je ne loupe pas grand-chose. »
Mieux vaut rater sa chance que de ne pas l'avoir tentée, dit LPV.
Je ne loupe pas grand-chose, répond un lecteur, sans même savoir qu'il répond à cette phrase.
Et si c'était précisément là que la First Plus jouait un autre rôle ?
Celui d'un petit cheval de Troie LPV.
Je ne sais pas combien Le Petit Vapoteur en fait fabriquer, à quel prix, ni dans quelles conditions. Je ne sais pas davantage si sa présence répétée dans les Lucky Bags répond à une stratégie délibérée.
Mais je vois le résultat : l'édition change de partenaire, de liquides, de promesse, et la First Plus, elle, finit régulièrement par entrer dans le sac.
Cette fois, l'envie peut venir de Protect, de ses trois Pollinisateurs, de la promesse des 108 € ou simplement du jeu.
Et au bout du parcours, une First Plus de plus entre chez l'acheteur.
À force de la voir revenir, Le Petit Vapoteur finit par avoir un nom : Monsieur (First) Plus.
TROIS ÉDITIONS, TROIS TIMINGS
Depuis août, les Lucky Bags se succèdent.
Leur calendrier, lui, commence à raconter quelque chose.
L’édition FUU, en août, avait déjà surpris parce qu'elle était encore disponible lorsque je l'avais découvert tardivement, là où les éditions précédentes pouvaient disparaître en quelques heures.
Geekvape × Enfer avait ensuite poussé le phénomène beaucoup plus loin : 1 000 exemplaires, suivi du 28 au 31 août, rupture constatée le 1er septembre.
Cette fois, Protect × First : repéré en ligne le 16 septembre au matin, encore disponible le 18 à 9h03, rupture constatée à 12h32.
Environ quarante-huit heures de disponibilité, pour 600 exemplaires.
Ce n'est manifestement pas une simple escalade des volumes.
Ce qui varie, en revanche, c'est le temps pendant lequel ces opérations restent accessibles : quelques heures autrefois, plusieurs jours pour Geekvape × Enfer, environ quarante-huit heures ici.
Communication, quantité, attractivité du partenaire, succès propre à chaque édition : impossible de départager les causes.
Je note simplement le déplacement.
QUE DEVIENDRA LA CINQUIÈME ?
Pour une fois, je n'en suis plus tout à fait certain.
Peut-être une nouvelle brique Tétris, peut-être un tiroir aveugle.
Peut-être le sac d'un ami qui fume encore.
Peut-être les mains de quelqu'un qui, contrairement à moi, aura précisément besoin de cette cigarette électronique que je n'avais aucune raison d'acheter.
Et c'est là que cette drôle d'opération se retourne une dernière fois.
Pour moi, la cinquième First Plus ne vaut presque rien.
Pour celui à qui je pourrais la donner demain, elle peut valoir beaucoup plus que ses 24,90 € catalogue.
Mais ce serait presque trop simple de s'arrêter là.
Parce qu'en lui donnant cette First Plus, je ne lui donnerais pas seulement une cigarette électronique.
La First Plus fonctionne avec ses propres cartouches et ses propres résistances.
Si l'appareil devient celui avec lequel il quitte effectivement la cigarette, il faudra bien, tôt ou tard, remplacer ce qui s'use.
Et voilà que mon petit cheval de Troie réapparaît par l'autre porte.
Celui que j'imaginais tout à l'heure entrer chez moi avec le Lucky Bag pourrait très bien sortir de chez moi pour entrer chez quelqu'un d'autre.
Avec la meilleure raison du monde : aider un ami fumeur à ne plus fumer.
Ce serait même moi qui lui ouvrirais la porte.
Dans le même sac, Protect raconte elle aussi qu'un produit peut produire quelque chose au-delà de celui qui l'achète.
Je ne pense toujours pas que LPV et Protect racontent la même histoire.
Mais je découvre que ce Lucky Bag peut, lui aussi, produire quelque chose au-delà de moi.
Et je suis beaucoup moins certain d'aimer ce que cette phrase signifie.
Le tote bag rejoindra les précédents.
Quant à la First Plus…
La donner ? Peut-être.
Mais désormais, je sais que si je le fais, je ne donnerai pas seulement une cigarette électronique.
Je créerai également les conditions d'une autre dépendance, beaucoup plus discrète : celle qui relie un consommateur à un écosystème propriétaire.
Et ce, concernant un objet qui se voudrait porteur d'un socle de valeurs, alors que finalement il n'est que le banal produit du calcul de sa valeur de socle.












Note de méthode : Dans Les Nuages n'est affilié ni au Petit Vapoteur ni aux marques citées dans cet article. Les prix mentionnés sont ceux affichés sur les sites des marques et du distributeur au moment de la rédaction. Les modalités économiques et contractuelles de l'opération entre Le Petit Vapoteur et ses partenaires n'ont pas été communiquées et ne sont pas connues de la rédaction.

⚠️ Le vapotage est une aide au sevrage tabagique.
Ne vapotez pas si vous ne fumez pas.
Le vapotage est une transition vers une vie sans tabac puis sans dépendance à la nicotine.