DINNER LADY X BANOFFEE PIE : LE GOURMAND QUI DONNE LA BANANE
Un pudding du Sussex qui parle américain
Un flacon au bouchon orange, un médaillon rose et bleu qui ressemble à une enseigne de diner, et sur l'étiquette, en lettres épaisses, le nom d'une dame de cantine anglaise.
Il y a quelque chose qui cloche dans ce packaging, et c'est précisément ce qui le rend juste.
Le Banoffee Pie n'a jamais été un dessert simple. Né dans un restaurant du Sussex au début des années 1970, il porte en lui une greffe américaine que personne ne voit plus, tant elle a fini par sembler naturelle.
Ce jour-là, direction la boutique du Petit Vapoteur à Quimper, où les habitués tournent en rond faute de vraies nouveautés. Mais ce coup-ci, trois références Dinner Lady venaient d'arriver, et John, derrière le comptoir, désignait le Banoffee Pie avec les yeux ronds de celui qui sait qu'il tient un bon coup.
Test au doigt sur place : une banane immédiatement gourmande, mais cuite, cuisinée, pas le fruit cru. Le genre de détail qui donne envie de repartir avec.
UNE ANGLETERRE QUI A DIGÉRÉ LA CALIFORNIE
Le Banoffee Pie n'est pas né d'un vieux livre de cuisine victorien. Il sort du Hungry Monk, restaurant de Jevington dans l'East Sussex, où Nigel Mackenzie et Ian Dowding bricolent, au début des années 1970, une version anglaise de la Coffee Toffee Pie de Blum's, pâtisserie de San Francisco.
Le café disparaît en route, la banane s'impose après plusieurs essais de fruits, et un classique national est né. Le nom lui-même, contraction de banana et toffee, sent bon le mot-valise d'après-guerre.
C'est donc un dessert anglais avec un accent américain.
Le pudding de comptoir, le sucre sans complexe, le biscuit qui absorbe tout, version britannique.
Mais l'excès assumé, le débordement, le côté toujours un peu trop, version américaine.
Dinner Lady n'a rien inventé de cette tension, elle la remet juste en scène avec un flacon qui ressemble à une enseigne de diner pour un nom qui sonne comme la cantine du coin.
DESSERT BAR, OU LE RETOUR AUX SOURCES
Dinner Lady s'est construite sur un seul liquide fondateur, Lemon Tart, sorti en 2016 depuis Blackburn. Ce citron meringué est devenu un tel étendard que la marque en a fait un argument permanent, jusqu'à trôner en haut de l'étiquette du Banoffee Pie : « A Decade of Desserts ».
Une décennie de gourmandise, littéralement affichée sur le flacon.
Dessert Bar n'est donc pas une collection lancée pour surfer sur une mode banane. C'est un retour vers le territoire d'origine de la marque, celui du pudding britannique et de la pâtisserie de mémoire.
Autour de Lemon Tart et de ses cousines directes, Key Lime Tart et Raspberry Tart, la gamme s'aventure aussi vers des propositions plus risquées comme Berry Jam on Toast ou Pistachio Gelato.
Banoffee Pie se situe pile entre les deux, un classique patrimonial version boulangerie de campagne.
LA DÉGUSTATION : UN GOÛT, PAS UNE ADDITION
Sur la Voopoo Drag 6, qui a l'art de passer plus de temps sur son chargeur qu'en fonction, l'attaque ne fait pas dans la nuance.
La banane arrive cuite, cuisinée, presque caramélisée par la cuisson plutôt que fraîche. Pas de fruit qui croque, un fruit qui a passé du temps au four.
Mais chercher ensuite à décomposer la recette, séparer le toffee d'un côté, le biscuit de l'autre, relève de l'exercice impossible.
Tout arrive fondu dans la même masse, comme un umami du dessert où chaque élément cesse d'exister séparément pour ne former qu'un seul goût, porté par la banane sans jamais lui être subordonné.
On cherche les étages annoncés par la fiche produit, on trouve un bloc. Une pointe salée vient percer discrètement cette masse sucrée, presque une signature du toffee qui refuse de rester purement doux.
Le final ne s'éteint pas vite. La sensation reste dense, généreuse jusqu'au bout, avec cette impression très nette d'avoir vapé quelque chose de calorique jusque dans la bouffée.
UN LIQUIDE À DOSER, PAS À ENGLOUTIR
Cette plénitude qui fait sa force est aussi ce qui empêche d'en faire un all day, non pas par défaut, mais par excès de générosité.
D'où une façon de vaper particulière, par petites touches, quelques bouffées à la fois, en alternant avec un fruité frais qui nettoie le palais avant d'y revenir.
Et c'est là que la Drag 6 rachète son inconvénient : à force de rendre l'âme au pire moment, elle finit par imposer d'elle-même les pauses que cette recette réclamait de toute façon.
Un liquide roboratif et une box qui tombe en panne de batterie toutes les deux heures, ça n'a l'air de rien, mais c'est presque un duo bien assorti.
Ce n'est pas un liquide qu'on vape à pleine bouche, c'est un liquide qu'on savoure en gourmet plutôt qu'en gourmand boulimique, sous peine de saturation rapide.
BILAN
Dinner Lady n'a pas cherché à faire léger avec ce Banoffee Pie, et c'est tant mieux. La marque retrouve son territoire fondateur avec une recette qui assume l'excès plutôt que de le fuir, fidèle à la généalogie transatlantique du dessert.
Reste que le poids d'un nom comme Lemon Tart ne suffit pas à garantir qu'on tienne un tank en une soirée.
Le Banoffee Pie ne siphonne pas, il se déguste par petites doses, avec la patience d'un dessert qu'on ne finit jamais d'un coup.
FICHE EXPRESS
Fabricant : Dinner Lady FAM Ltd. (Blackburn, Royaume-Uni)
Gamme : Dessert Bar
Profil : Banane cuite, toffee/caramel, biscuit
Ratio : 60/40 VG/PG
Format : 50 ml en flacon de 60 ml, sans nicotine
Prix : 19,90 €
Réglages : RDL à DL modérée ; matériel ouvert plutôt que pod serré
Steep : Prêt à vaper ; le flacon supporte aussi bien un temps de repos si base ou booster ajoutés
All-day : Non, plutôt une recette à doser, pour les amateurs de gourmands denses en petites touches

Le vapotage est une aide au sevrage tabagique.
Ne vapotez pas si vous ne fumez pas.
Le vapotage est une transition vers une vie sans tabac puis sans dépendance à la nicotine. ⚠️