AROUND THE WORLD PAR PULP : LE VENDEUR AVAIT RAISON
Double chronique du Lassi à la Rose de Jaipur et du Caramel Flambé de Dublin, deux flacons de la gamme Around The World signée Pulp, choisis sur la recommandation d'un vendeur de confiance à Quimper.
Verdict d'une dégustation où le vrai sujet, finalement, n'était pas tout à fait le liquide.
L'article sur Banger'z venait de partir en publication, et il restait cette envie : vaper autre chose. Pas forcément une nouveauté, juste un truc qui change. Direction Bar & Vape, à Quimper, une boutique qui appartient encore à cette génération de vape shops où la sélection sur les étagères correspond à ce que l'équipe a goûté et aimé, pas à un catalogue imposé depuis un siège social quelque part.
Le genre d'endroit où on peut encore entrer le nez au vent et ressortir avec une trouvaille plutôt qu'avec ce qu'on était venu chercher. Ça devient rare.
Dans beaucoup d'enseignes aujourd'hui, la sélection est figée, le turnover proche de zéro, et le vendeur derrière le comptoir n'a plus vraiment son mot à dire sur ce qui trône en rayon.
Les nouveautés sont des deals décidés ailleurs.
C'est une vape qui fonctionne, mais qui a perdu quelque chose en route.
Le vendeur demande s'il peut aider. Debout devant les rayonnages, la question part toute seule : qu'est-ce que vous avez de beau en ce moment, des coups de cœur ? Il montre deux ou trois choses qui ne parlent pas vraiment.
Et puis le regard tombe dessus, forcément, parce que c'est fait pour ça : les petites boîtes en fer de Pulp, avec la bouche et la langue rouge en médaillon, un fond damier qui change de couleur selon la saveur.
Ça faisait longtemps qu'aucun flacon Pulp n'était rentré dans le viseur.
C'est quoi la gamme ? Le vendeur ne l'a pas complète en rayon, il déroule les recettes une par une. Deux arrêts.
Le premier sur le Lassi à la Rose de Jaipur, il en dit du bien, très parfumé, une belle réussite.
Le second sur le Caramel Flambé de Dublin, et là il se dévoile : grand fan de caramel, il a goûté à peu près tout ce qui existe sur le marché.
La question part naturellement : est-ce que tu connais les caramels de chez Curieux ? Trois références devenues des étalons pour quiconque aime ce genre de recette.
Le vendeur ne prétend pas que Pulp les détrône.
Il dit juste que ce n'est loin d'être ridicule à côté.
Ce n'est pas un argument commercial, c'est un repère entre connaisseurs.
C'est décidé sur cette phrase, plus que sur le packaging.
Deux cylindres en métal repartent dans le sac, deux recettes volontairement opposées : un lassi indien à la rose d'un côté, un caramel flambé de Dublin de l'autre.
Une gamme qui n'était pas nouvelle en soi, Around The World, mais qui n'avait jamais croisé ma route jusque-là.
LE LASSI À LA ROSE DE JAIPUR
Deux configurations pour tester, question de voir si la recette tient la comparaison à des puissances très différentes : un sub-ohm signé Lost Vape autour de 70 watts, une puissance costaude pour ce type de liquide, et les Atlantis GT habituels, aux alentours de 50 watts.
Le match est serré. Les deux recettes se déploient étonnamment bien dans les deux configurations, presque mieux à forte puissance qu'à puissance plus mesurée.
Une marge de tolérance qui n'est pas si fréquente sur ce genre de profil.

D'emblée, difficile de dire le contraire : c'est une belle exécution, qui porte clairement la patte Pulp. Mais le Lassi reste un cran en dessous de Nila, la création d"Al-Kimiya chroniquée ici il y a quelques mois, restée en mémoire pour sa précision, son ampleur, sa justesse, et une puissance jamais écœurante.
Al-Kimiya avait su retranscrire le lassi dans ce qu'il a de crémeux et de lacté, et la rose dans ce qu'elle a de florale, discrète mais élégante.
La version Pulp s'en approche beaucoup, la rose est là, présente, vivante.
Sauf que le sucre de la recette la fait glisser, très légèrement, vers un effet bonbon.
Ça ne rend pas le liquide moins bon, ça déplace juste son centre de gravité : on quitte peu à peu la sensation d'un lassi réel pour retrouver une gourmandise typiquement vape.
Qu'il soit testé à 70 watts ou à 50, ce léger déplacement reste identique.
C'est le seul vrai bémol d'une recette pourtant remarquablement exécutée, et ce qui l'empêche d'effacer le souvenir de Nila, resté la référence sur ce terrain précis.
LE CARAMEL FLAMBÉ DE DUBLIN
Sur les deux mêmes configurations, un excellent caramel : forte onctuosité, présence franche, gourmandise assumée. Rien à redire sur cette base.
L'histoire du whisky flambé, la mythologie irlandaise qui l'accompagne sur certaines fiches et certains textes qui traînent sur internet, tout ça reste du storytelling.
Le caramel est bien là. Le whisky, lui, relève davantage de l'évocation que de la retranscription sensorielle.
Ce n'est pas un défaut de la recette, simplement il ne joue pas le premier rôle qu'on voudrait bien lui prêter.

Pour mesurer ce que signifie un vieillissement en fût vraiment maîtrisé, il suffit de se replonger dans le parcours de Fabien Dinand chez Dilligaf, Meilleur Ouvrier de France en tonnellerie avant de se lancer dans la vape.
Quand Dinand parle de bois, de grain, d'oxygénation, de tanins selon le spiritueux visé, il ne raconte pas une histoire, il applique un métier.
C'est ce genre de repère qui aide à situer où se place vraiment le storytelling d'un flacon, sans que ça retire quoi que ce soit au plaisir du caramel lui-même.
Ce caramel a de l'élégance, de la hauteur. Il ne détrône pas encore les néo-caramels de Curieux, ces références devenues incontournables pour qui aime le genre. Ce n'est pas insultant pour autant.
On est ici dans une jolie histoire, une belle réalisation, packagée dans une offre soignée. Pas le flash absolu que peuvent provoquer certaines recettes Curieux, mais une réussite quand même.
L'ÉCRIN ET CE QU'ON EN FAIT
Ces petits cylindres en métal, il faut le reconnaître, sont un bel effort.
Produire ce genre d'écrin pour enfermer un flacon de liquide, c'est un peu comme glisser un cigare d'exception dans son tube dédié.
En tout cas, c'est ce qui m'a arrêté devant le rayon, avant même de savoir ce qu'il y avait dedans.
Mais une fois ce petit plaisir de l'objet passé, honnêtement, aucune idée de ce qu'il va advenir de ces cylindres. Beaucoup de vapoteurs les gardent, en font des objets de collection, les alignent en vitrine.
J’ai une déco un peu plus exigeante que ça, et le pronostic est clair : ces tubes ne survivront probablement pas à la consommation du liquide qu'ils protègent.
BILAN
Deux belles recettes, aucun doute là-dessus. Ni l'une ni l'autre ne dépasse les références qui trônent déjà en haut du podium personnel, le Lassi d'Al-Kimiya d'un côté, les caramels de Curieux de l'autre.
Mais ce n'était pas vraiment la question posée ce jour-là chez Bar & Vape.
Le vrai indicateur de confiance, c'était la recommandation du vendeur, et elle s'est révélée juste. De quoi donner envie de continuer le voyage, d'aller faire d'autres escales dans cette gamme de sept saveurs, dont cinq restent encore à explorer.
Racheter ces deux recettes plus tard, pourquoi pas, ça se rachète très bien.
Ce n'était juste pas la révélation absolue.
Pas deux chefs-d'œuvre, donc. Mais une chaîne de confiance qui a fonctionné du premier maillon au dernier : un vape shop qui sélectionne vraiment, un vendeur qui connaît ses étalons, une recommandation qui tient la route, et deux flacons qui, sans détrôner personne, donnent quand même sacrément envie de rouvrir la carte du monde.
Finalement, le vendeur avait raison.
LES DEUX RÉFÉRENCES
Lassi à la Rose de Jaipur
Un lassi indien onctueux, entre lait fermenté et rose délicate.
50/50 PG/VG
Bases 100% végétales
Fiole 75ml remplie à 50ml Nico-boostable
19,90 € TTC
Caramel Flambé de Dublin
Un caramel ambré flambé au whisky irlandais, entre gourmandise et chaleur. 50/50 PG/VG
Bases 100% végétales
Fiole 75ml remplie à 50ml Nico-boostable
19,90 € TTC
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