VOOPOO VRIZZ 2 × LPV RETROBLAST : AUTOPSIE D'UNE JUNK VAPE
Deux produits que j'avais foutus au placard.
Une canicule.
Et la preuve qu'à défaut de grandeur, deux ratés peuvent parfois s'accorder, le temps de vous coller la migraine.
EN TANDEM
Il y a des rencontres qu'on organise.
Et il y a celle-là, qui ressemble davantage à un accident de parcours qu'à une romance.
La première fois que j'ai chargé la Voopoo Vrizz 2, j'y ai versé un excellent liquide de chez Protect, un de leurs meilleurs bangers. Erreur monumentale.
Comme boire un grand champagne dans un gobelet en plastique ramassé sous un parasol : ça fait peut-être son petit effet chez certains influenceurs, mais c'est surtout un manque de savoir-vivre caractérisé.
La cartouche a tout aplati, dénaturé, réduit en jus de biberon plastifié.
J'ai balancé le pod dans le tiroir aux oubliettes, mention grosse daube.
Quelques mois plus tard, je l'ai quand même ressorti.
Nouvelle doctrine, cette fois assumée jusqu'au bout : à matériel de merde, liquide de merde.
J'ai attrapé le Retroblast Framboise Bleue Cassis du Petit Vapoteur, un 200 ml sorti à 14,90 €, remonté depuis à 19,90 € quelques mois seulement après son lancement.
Un liquide que j'avais moi-même mis de côté trois mois plus tôt, jugé trop mou pour être vapé tel quel.
Deux recalés. Une seule chance de se rattraper ensemble, et pas de quoi parier un centime dessus.
VOOPOO VRIZZ 2 : LE PLASTIQUE C’EST FANTASTIQUE
Un objet pour ne surtout pas réfléchir
La Vrizz 2 ne se cache pas derrière la subtilité.
Auto-draw, trois modes actionnés d'un switch, cartouche Dual Mesh de 15 ml qu'on remplit une fois et qu'on oublie.
Aucun wattage à régler, aucun coil à choisir.
On aspire, ça part.
Le plastique domine sans complexe, l'écran vire au violet façon néon malade, mais on ne va pas exiger d'un objet à ce tarif des composants de haute facture. C'est massif, pas lourd, taillé pour vivre autour du cou entre deux bains, pas sur une étagère de collectionneur.

La supercherie du gabarit
80 000 bouffées annoncées, un boîtier qui a la carrure d'un dispositif taillé pour tenir la journée sans faiblir.
La Vrizz 2 affiche un gabarit comparable à une Vinci E120, qui embarque généralement dans les 4000 mAh. Ici : 1350 mAh.
L'objet promet le marathon et tient le 400 mètres.
On vous vend une machine à binger qui n'a même pas l'autonomie pour un vrai tour de piste.
Batterie : 1350 mAh (marathon vendu, 400 m réellement couru)
Puissance : 12-30 W, trois modes à la volée
Cartouche : Dual Mesh 0,4/0,7 Ω, 15 ml, qu'on ne remplace qu'entière Connexion : USB-C
Prix constaté : entrée de gamme, comme le reste
RETROBLAST FRAMBOISE BLEUE CASSIS : LE FAUX SURDOSAGE
Un fruité en carton-pâte
Le Petit Vapoteur vend sa gamme comme surdosée en arômes.
C'est faux, et c'est précisément le problème de cette gamme.
Sorti du flacon, ce fruité framboise bleue et cassis claque une bouffée, puis s'évanouit comme une story qu'on n'a pas eu le temps de screener.
Pas un mauvais liquide en soi. Un liquide sous-dosé qu'on présente comme généreux pour vendre du 200 ml au kilomètre.
Il m'a fallu trois mois de steep pour qu'il arrête de se dégonfler à la première tirée.
Une fois stabilisé, le cassis acidulé prend le lead, porté par une fraîcheur qui débarque en turbo plutôt qu'en accompagnement, comme une giclée de déo bon marché plaquée sur un fruit qui n'a rien demandé.
Ça fait le job. Ça ne fait rien de plus.
C'est exactement la définition d'un liquide de junk vape : du volume, du sucre, du frais qui claque, zéro profondeur, conçu pour une bouffée immédiate, pas pour une dégustation.

Ce que l'étiquette ne dit pas franchement
Furanéol-R, Bêta-Damascénone, deux molécules qui sentent le fruit rouge confituré plus que la menthe douce, avec un avertissement de réaction allergique imprimé noir sur bleu.
Impossible de dire précisément ce qui, dans cette recette, a fini par me cogner dessus.
Mais ce registre frais et mes deux jours de mal de crâne sont arrivés main dans la main, et je ne crois pas au hasard.
Format : 200 ml, 50/50 PG/VG
Prêt à booster (jusqu'à 4 boosters 20 mg/mL pour 3,3 mg/mL)
Contient : Furanéol-R, Bêta-Damascénone
Prix constaté : 19,90 €
LA RENCONTRE : MOI, LE KÉKÉ DE LA VAPE, EN VACANCES
Un matériel que je juge médiocre, un liquide que je trouve mou.
Sur le papier, rien qui appelle une réconciliation.
Alors direction la plage, en pleine canicule, la Vrizz 2 autour du cou et le Retroblast dans la cartouche, et moi qui deviens, l'espace d'un été, exactement ce que je regarde d'habitude avec un sourcil levé.
Le kéké de la vape, ce jour-là, c'est moi.
Grosse cartouche en bandoulière, fruité criard, tirage sans réfléchir entre deux baignades, aucune envie de faire tourner un dripper ou de chercher la finesse.
Du binge assumé, sans complexe, sans notes de dégustation dans un carnet.
Juste la chaleur, le sel, et un nuage sucré qui tombe pile au bon moment.
Et le pire, c'est que j'aime ça.
Moi qui étais venu pour me foutre de sa gueule, je me surprends à tirer dessus avec le même plaisir idiot que le kéké d'à côté, celui que je regardais tout à l'heure avec un sourcil levé.
Le fruité tenu par trois mois de steep se déploie enfin correctement, la fraîcheur booste sans écraser, la Dual Mesh restitue une intensité honnête.
Le matériel qui avait massacré un grand liquide se révèle presque à l'aise avec un jus taillé pour lui.
Pas d'éclat, pas de subtilité. Mais une cohérence à laquelle je ne m'attendais clairement pas.
Deux produits de junk vape qui, mis bout à bout, arrivent enfin à tenir une promesse : celle de ne rien demander à personne, juste vaper, sans y penser.
LES LIMITES : LA CANICULE MENT, LE CORPS NON
L'accord ne survit pas à la durée, et c'est peut-être ça le vrai message du duo.
Passé les premiers flacons vapés, le fruité généreux commence à fatiguer sérieusement.
Un palais habitué à autre chose finit par saturer d'une fraîcheur qui occupe le terrain plutôt que d'accompagner le fruit.
Côté matériel, la batterie confirme ce que son gabarit laissait deviner : elle ne tient pas un vrai usage intensif.
Ni le liquide ni le pod ne remplissent la promesse d'excès qu'ils affichent en gros caractères sur l'étiquette et la fiche produit.
Il y a aussi ce détail, plus concret et nettement moins drôle : deux jours de mal de crâne que j'ai d'abord mis sur le compte de la canicule.
Sur les 200 ml achetés, j'en aurai vapé une trentaine avant de foutre le reste à la poubelle.
Voilà où mène le binge poussé au bout de sa logique : un flacon XXL, une fraction consommée, un déchet qui finit sa route au point de collecte.
VERDICT
Je ne suis pas certain que la Vrizz 2 m'ait appris quelque chose sur la cigarette électronique.
En revanche, elle m'a appris beaucoup sur ce que la vape est devenue.
La Vrizz 2 promet l'endurance et loge une batterie qui craque à mi-parcours.
Le Retroblast promet le surdosage et se révèle à l'inverse en sous-régime jusqu'à ce qu'on le laisse mûrir de force.
Mis ensemble, ces deux excès ratés s'annulent en un compromis qui fonctionne, le temps d'un été, pour un usage précis : la plage, la chaleur, l'envie de ne penser à rien.
Une vape pensée pour produire un maximum de satisfaction immédiate en sacrifiant la profondeur de l'expérience.
Elle stimule tout de suite. Elle fatigue très vite.
Elle laisse derrière elle une cartouche à moitié vide, un fond de liquide qu'on ne finira jamais, et dans mon cas, un mal de tête.
La junk food n’a jamais prétendu être de la gastronomie ; ici, c’est de la junk vape en bonne et due forme, un menu à quatre euros qu’on avale sur le pouce et qu’on oublie aussitôt.
Reste une question, et j'assume de ne pas y répondre : qui a fait le plus le kéké dans cette histoire ?
L'objet qui vend un excès qu'il ne peut pas tenir, ou le chroniqueur qui a fini par y croire un dimanche de plage, avant de finir avec un mal de crâne et 170 ml à la poubelle ?
Le vapotage est une aide au sevrage tabagique. Ne vapotez pas si vous ne fumez pas. Le vapotage est une transition vers une vie sans tabac puis sans dépendance à la nicotine. ⚠️